Les problèmes de soutenabilité invitent à interroger et innover dans notre manière d’habiter le monde en tant que société urbaine.

Par soutenabilité nous entendons le maintien à long terme de l’habitabilité de la Terre.

L’habitabilité désigne la propriété de tout milieu à toute échelle spatiotemporelle dans lequel les conditions d’existence et de développement de chacune des formes de vie sont produites par l’activité interdépendante de la diversité de la vie [1]. L’habitabilité renvoie donc à l’ensemble des conditions qui font qu’un milieu, et la Terre par extension, est rendue habitable par et pour le vivant.


[1] Morizot, B. et Neyret, L. (2026). Tracts (N° 70) – Liberté, dignité, habitabilité. Tracts (N° 70) – Liberté, dignité, habitabilité : Donner au siècle la valeur qui lui manque (p. 3-65). Gallimard. https://shs.cairn.info/liberte-dignite-habitabilite–9782073167996-page-3?lang=fr.

Notre société dépend d’organisations sociales et d’infrastructures qui ne sont pas socialement, économiquement et environnementalement soutenable. Que faire de ce lourd héritage qui rend possible nos modes de subsistances actuels mais détruits celles d’autres et menacent celles à venir ? Que faire des ces systèmes, infrastructures, modes de subsistances qui ne sont pas soutenable? Comment changer sans attaquer frontalement, fuir ou négliger cet héritage ? Quelle trajectoire entre l’intenable « business as usual » et l’arrêt brutal imposé et injuste ?

On ne peut pas continuer avec mais on ne sait pas comment faire sans. On ne peut pas simplement
arrêter, nudger, abolir, rejeter, oublier ou ignorer.

Un problème de soutenabilité concerne donc un problème de dépendances matérielles ou immatérielles humaines négatives dans la sens où elles enferment, maintiennent nos sociétés dans des stratégies, infrastructures et modes de subsistance qui sont socialement, économiquement et environnementalement insoutenables sur le long terme et menacent l’habitabilité de la Terre.

Le programme s’incirt dans un logique de recherche et d’innovation opérationnelle. Il vise à considérer les mutations sans précédent que soulèvent ces enjeux de soutenabilité (raréfaction des ressources, contraintes budgétaires, complexité des chaines d’approvisionnement, changement climatique, menace sur les conditions de vies de santé et de bien-être, transformations des usages…) en mobilisant la recherche opérationnelle et systémique afin que les collectivités et opérateurs urbains puissent adapter leurs modèles pour concilier soutenabilité, résilience et viabilité économique. L’innovation visée dans le programme Co-Create invite à interroger ce qui, dans un système sociétal, demande non pas un correctif, une réparation, mais un changement de trajectoire. Un problème de soutenabilité ne peut être résolu sans transformer les structures qui le génèrent. Il s’agit de partir de la reconnaissance du problème de soutenabilité (négativité et incapacité à changer) et de voir comment sortir, comment arrêter, comment démanteler ce qui la produit. Ce sont donc les transitions, les redirections que la société bruxelloise doit opérer pour être soutnebale. Les innovations visées s’inscrivent donc dans le champ des transitions et redirections soutenables. Et c’est bien la transition, la redirection qui fait l’objet de la recherche et du développement expérimental.

Paour aller plus loin nous proposons ci-dessous des ressources qui décrivent à ce jour le mieux les problématiques et intention d’innovation du programme Co-Create.

Ces deux ouvrages sont les textes de base.

Il s’agit d’une traduction en anglais d’un article présentant la notion de communs négatifs

Ces articles mobilisent les concepts en question.