Connaissez-vous l’âge de la terre sous vos pieds ? Quel fossile voudriez-vous laisser, plus tard ? Savez-vous qu’une grande part des terres à bxl ont été déplacées par l’humain ? Connaissez-vous Schaerbeek Formation ?

 

Bruxelles a récemment été le théâtre de recherches-actions en sciences citoyennes autour de l’air et de l’eau qui ont produit de nouvelles connaissances et fait avancer le débat politique. Maintenant, c’est la « terre » et toutes les dimensions qu’elle conglomère que nous voulons faire émerger dans le débat public. Le projet de recherche action Co-Create, démarré le 1ier novembre, est porté par le BRAL, l’ULB, 51N4E et l’université ETH Zurich. Nous l’avons baptisé Super Terram.

Le sol est une véritable partenaire dans la fabrication des espaces. Le sol a généré la vie sur terre à partir de l’eau et des activités microbiennes. Il est l’un des écosystèmes les plus complexes et l’un des habitats les plus diversifiés sur Terre.

Pourtant, le sol est souvent invisible, et c’est d’autant plus vrai dans le cas des sols urbains. Le sol conglomère une multiplicité dimensions souvent troubles ou hors des radars – pollution, fertilité, activités microbiennes, crasse, archéologie, cycle de l’eau, imaginaire, organismes, infrastructures, matériau de construction, compaction, eau, écosystème souterrain, résilience, mémoires… Un cycle de conférence en ligne à la Faculté d’architecture La Cambre-Horta intitulé ‘Soil Depths‘ adressait ces multiples dimensions.

Aujourd’hui, les humains déplacent plus de sédiments que tous les processus naturels réunis. Aujourd’hui, on construit et détruit, transforme et déplace des terres sans égards (et souvent sans même s’en rendre compte) lors de projets d’urbanisme. Peu de gens pourtant savent que la résilience de la ville passera par le sol. Penser et agir avec les sols, c’est donc une occasion de tisser des relations, entre savoirs et acteurs cloisonnés. Si le sol bruxellois n’est plus considéré comme un fond inerte ni comme une ressource, comment est-ce que cela affecte les pratiques urbanistiques?

La terre de la vallée de la Senne, avec ses marais et réseaux d’affluents a fait l’objet de perturbations radicales (rail, industries, …) donne lieu à de nouvelles relations multi-spécifiques humaines et non-humaines étonnantes. Au Nord, la friche ferroviaire de Schaerbeek Formation est considérée par certains comme la plus grande zone vide ou « réserve foncière » de Bruxelles (PRDD) et est actuellement en cours d’achat par la Région. Le BRAL y a organisé un tour à vélo en octobre 2021. 

Sur la friche même, mais aussi sur des sites en amont et en aval, habités et plus accessibles, nous souhaitons amener des bruxellois.es à s’intéresser aux sols et à Schaerbeek Formation dans toute sa multiplicité. Avec des citoyen.nes, des scientifiques, des institutions, l’idée est d’ajouter aux dimensions techniques (trop souvent illisibles ou inaccessibles) celles du rapport sensible aux sols et aux relations (plus qu’)humaines qui en dépendent.

 

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